Condylomes
Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 29 Janvier, 2013


 

Infection sexuellement transmissible.

  • C'est l'une des infections génitales les plus fréquentes ; il est probable qu'une personne sur dix soit porteuse du virus, mais seulement une sur cent présente des lésions appelées des condylomes.

  • L'agent infectieux est un virus appelé HPV (humain papilloma virus), mais en vérité, sous ce nom, on groupe une famille virale d'environ deux cents virus (cf : classification des papillomavirus humains) ; certains sont cancérigènes (provoquant le développement des cancers) (cf : les caractéristiques des lésions provoquées par les papillomavirus humains à bas risque et à haut risque).
    A savoir que certains types de Papillomavirus entraînent des verrues sur les mains et les pieds, ils sont différents des Papillomavirus qui infectent les organes génitaux.

  • Les infections génitales à Papillomavirus peuvent infecter tout personne ayant une activité sexuelle :
    • les femmes et les hommes de tout âge
    • les hétérosexuels et les homosexuels
    • la mode de transmission la plus fréquente est le contact direct de peau à peau lors des rapports sexuels. Pour transmettre l'infection, il semble nécessaire que le virus soit en contact direct avec les couches profonds (les couches basales) de la peau et les muqueuses des organes génitaux externes de la personne sain ; les rapports sexuels offrent cette possibilité à causes des microtraumatismes (microfissures invisibles) de la peau et les muqueuses qui se reproduisent lors de ces rapports ;
    • la transmission indirecte de l'infection est possible par contact avec des objets contaminés et des vêtements (contact non sexuel) ;
    • il a été décrit des cas de transmission de l'infection à Papillomavirus aux voies respiratoires des chirurgiens à la suite de l'inhalation de la fumée accompagnant le traitement par vaporisation au Laser des condylomes génitaux ;
    • le délai entre le rapport contaminant et l'apparition des condylomes est de trois semaines à un an, et sur le col utérin, le délai peut être plus long (des années) ; donc, il est souvent très difficile de savoir quand et comment l'infection à Papillomavirus est survenue ;
    • même après un contact contaminant la transmission de l'infection n'est pas obligatoire, car la possibilité de la transmission de l'infection dépend des défenses immunitaires et leur efficacité contre cette infection ; pour cette raison on peut rencontrer deux partenaires sexuels, l'un atteint par des condylomes génitaux et pas l'autre ;
    • la transmission peut survenir très rarement chez les enfants de bas âges qui sont nés des mères porteuses de condylomes génitaux au moment de l'accouchement (il s'agit dans ce cas-là souvent des lésions condylomateuses de taille importante et de dissémination étendue dans le vagin et le périnée) ; l'atteinte de l'enfant peut être située au niveau anal, génital mais aussi au niveau du larynx et les voies respiratoires.
    • les Papillomavirus qui provoquent des verrues en dehors de la sphère génitale (mains, pieds...) ne se transmettent pas aux organes génitaux ;

  • L'infection génitale se manifeste par des excroissances ressemblant à des verrues (appelées aussi condylomes acuminés) sur :
    • les organes génitaux :
    • l'anus et la région péri-anale.
    • l'aine et la racine de la cuisse.
    • les condylomes n'atteignent pas les organes génitaux internes (corps de l'utérus, les trompes et les ovaires) ; ils n'entraînent pas de stérilité.
  • Les condylomes génitaux peuvent être
    • uniques ou multiples ;
    • petits ou gros
    • dispersés ou regroupé pour donner un aspect en chou-fleur ou crête-de-coq.

  • Parfois, les lésions ne sont pas visibles à l'œil nu (en particulier, sur le col utérin où le diagnostic est porté à la suite d'un frottis cervico-utérin pratiqué à titre systématique) ; ce type de condylome est appelé aussi le condylome plan ;

  • Il est rare que les condylomes génitaux soient à l'origine de certains symptômes gynécologiques comme les douleurs, les démangeaisons génitales, les leucorrhées et les métrorragies ; ces symptômes sont souvent le témoigne d'une infection secondaire des condylomes par un autre agent infectieux (Herpès, gonocoques, syphilis, champignons ou autres germes).

  • L'évolution spontanée des condylomes génitaux :
        • les condylomes génitaux qui sont situés sur la peau de la sphère génitale et du vagin peuvent disparaître spontanément :
            • dans 35 % des cas en 6 mois,
            • 53 % en un an,
            • 67 % en deux ans.
        • les condylomes du col utérin :
            • régressent dans 50 % des cas ;
            • se stabilisent dans 40 % des cas ;
            • s'aggravent dans 10 % des cas.
        • 83 % des condylomes génitaux que l'on met en évidence pendant la grossesse disparaissent après l'accouchement (dans le post-partum) ;
        • Les condylomes en s'aggravant se transforment dans certains cas en lésions précancéreuse puis en cancer du col utérin (CIN), du vagin, de la vulve et chez l'homme en cancer de la verge ; mais vu que ce type d'évolution est lente (des années), une surveillance bien conduite, chez les femmes, et la réalisation des frottis du col utérin permet de mettre en évidence ses condylomes et de découvrir les éventuelles transformations précancéreuses, et donc de les traiter avant d'atteindre le stade de cancer.

    • Le diagnostic se fait par l'observation des excroissances mais parfois, il faut pratiquer certaines explorations spécifiques comme le frottis du col utérin, la colposcopie, la vaginoscopie, la vulvoscopie, la périnoscopie, la balanoscopie (examen du pénis par une loupe) les biopsies et enfin certaines techniques virologiques du laboratoire, elles sont utilisées dans certaines lésions condylomateuses du col utérin car ces techniques permettent d'identifier certains de sous groupes du Humains Papillomavirus à potentiel cancérigène.

    • Le traitement consiste à détruire les lésions cutanées du périnée ou sur les muqueuses de la vulve, du vagin, du col utérin et chez l'homme sur le pénis.
      Parmi les méthodes de la destruction des lésions condylomateuses on cite :
      • les méthodes médicamenteuses (applications des substances médicamenteuse sur les lésions cutanées) : podophyllotoxine, trichloroacétique, l'interf'éron en application locale ou par injection "il stimule les défenses immunitaires" et enfin un agent appelé Imiquimod - : il agit comme antitumoral, principalement par induction de l'interféron alpha et d'autres cytokines ;
      • le Laser : un fuseaux de lumière de haute énergie qui permet la vaporisation et la carbonisation des condylomes ;
      • l'électrocoagulation  "destruction des condylome par un réchauffement des tissus obtenu grâce à un courant électrique chirurgical spécial ;
      • résection chirurgicale par le bistouri chirurgical simple ou par l'anse diathermique utilisant le courant électrique chirurgical ;
      • la cryothérapie qui détruit les condylomes par le froid (congélation destructrice) ;
      • par la conisation du col utérin
        C'est une intervention chirurgicale qui permet de diagnostiquer et de traiter les condylomes situés sur le col utérin et entraînant des lésions tissulaires d'évolution potentiellement maligne (ce sont des lésions condylomateuses non cancéreuses du col utérin et associées à une dysplasie de la muqueuse cervicale ; elles sont actuellement classées selon la classification de Bethesda en lésion de bas grade et des lésion de haut grade... selon leur degré de gravité ; ces lésions sont souvent mises en évidence par :
        • Suite à la conisation, la partie réséquée du col utérin est examiné par le Médecin anatomie-pathologiste pour :
          • donner le diagnostic définitif :
            • présence ou pas de la lésion à papillomavirus du col utérin
            • s'il s'agit réellement de lésion du col utérin à papillomavirus, l'examen anatomopathologique va permettre de la classifier en fonction du degré de la dysplasie associée et par conséquences va permettre de connaître le degré exact de la gravité de la lésion condylomateuse du col utérin (lésion de bas grade, lésion de haut grade et ...) ;
          • L'examen anatomopathologique permet aussi de savoir si l'ablation de la lésion à papillomavirus du col utérin est complète ou incomplète car si cette résection n'est pas totale, on ne peut pas parler de guérison ; puis dans ce cas là, la classification de la lésion en fonction de sa gravité n'est pas finie car la lésion du col utérin n'est pas analysée dans sa totalité, donc la reprise chirurgicale est nécessaire pour réséquer la partie restant de la lésion condylomateuse du col.
        • Pour conclure : après conisation du col utérin pour lésion condylomateuse à papilloma virus :
          • soit la lésion du col utérin est type " lésion de bas grade ou de haut grade selon Bethesda " et son ablation est totale selon le l’examen anatomie-pathologiste, dans ce cas là, la patiente sera suivie simplement et régulièrement par des frottis cervico-utérins et colposcopie si nécessaire ;
          • soit la lésion du col utérin est type " lésion de bas grade ou de haut grade selon Bethesda " mais son ablation n'est pas totale ou la lésion est maligne ; dans ce cas reprise chirurgicale est nécessaire mais le type de l'intervention dépend l'âge de la patiente, la parité et du type de la lésion...

        • Dans certains cas, les frottis cervico-utérins montrent la présence de cellules d'origine indéterminée (ASCUS selon la classification de Bethesda), dans ces frottis de type ASCUS, il s'agit selon A. Ferency de Montréal
            • un col normal dans 80 % des cas ;
            • une lésion de bas grade dans 13 % des cas ;
            • une lésion de haut grade dans 7 % des cas.
          • Selon le Colloque du groupe PROGIN (Programme, Recherche et Observatoire des lésions Génitales Infectieuses et Néoplasiques), pour les frottis cervico-utérins de type ASCUS trois attitudes sont possibles :
      • Dans les condylomes visibles, le but du traitement est de détruire ces condylomes, ce qui permet de réduire au maximum le nombre de cellules infectées par le virus de et par conséquence la quantité de ce virus ; la quantité restant sera combattue par les défenses immunitaires propres du corps.
      • En général, si les condylomes ne réapparaissent pas de nouveau après six mois de la fin du traitement, le risque qu'ils récidivent est presque inexistant sauf en cas problème d'affaiblissement du système immunitaire ou en cas de nouveau contact contaminant par un partenaire atteint par une infection à Papillomavirus génitale.
      • Le traitement des condylomes doit être suivi d'une surveillance prolongée à fin de dépister les récidives et de les traiter.

      • Les préservatifs, lorsque sont utilisés correctement du début jusqu'à la fin des relations sexuelles, ils présentent un très bon moyen de protection contre les infections à Humain Papillomavirus. Les spermicides n'offrent aucun effet protecteur contre les condylomes génitaux, donc elles ne peuvent pas remplacer les préservatifs pour ce type de protection.
         

  • Recommandations concernant les condylomes génitaux :
    • Consultez régulièrement votre Médecin car l'examen médical gynécologique et la pratique régulière des frottis du col utérin permet :
      • de diagnostiquer les condylomes génitaux asymptomatiques et non perceptibles par vous ou votre partenaire
      • de vous prévenir du cancer du col utérin car ces frottis du col utérin sont le meilleur moyen pour mettre en évidence précoce des infections du col utérin à Papillomavirus et donc les traiter dans des stades précoces (infection simple ou lésion précancéreuse) ;

    • Consultez le Médecin :
      • si vous constatez la présence des excroissances ou des modifications de la peau inhabituelles sur ou à proximité de votre vulve ou la région anale (ou sur le pénis chez l'homme) ;
      • si vous plaignez des démangeaisons génitales, des douleurs ou des saignements inhabituels (métrorragies);
      • si votre partenaire sexuel vous a dit qu'il ou elle avait un Papillomavirus ou des condylomes génitaux ;

    • Si vous avez des condylomes, faites vous traiter ;

    • Si un traitement a été envisagé, signalez à votre Médecin si vous êtes enceinte ou supposée de l'être ;

    • N'utiliser pas d'autre traitement utilisés pour le traitement des verrues des pieds ou des mains car il ne faut pas appliquer ces médicament sur les condylomes génitaux ;

    • Évitez les contacts sexuels au cours du traitement, afin de faciliter votre guérison ;

    • Utilisez les préservatifs car ils procurent une bonne protection contre l'infection à Humain Papillomavirus. Les spermicides seuls ne protègent pas contre ce virus ;

    • Si vous avez des condylomes génitaux, signalez-le à votre partenaire sexuel car il devait se rendre chez le Médecin pour être examiné.

    • Depuis 2007, en France : deux vaccins disponibles contre les Papillomavirus humains HPV-16, HPV-18 (responsables de plus de 70 % des cancers du col de l'utérus) et HPV-6 et HPV-11 responsables d'un important nombre de condylome du sphère ano-génital.
      En France, ces vaccins s’adressaient (pour être remboursés) aux jeunes filles de 14 ans et aux jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n’auraient pas encore eu de rapports sexuels, ou au plus tard durant l’année suivant leur premier rapport.

    • France - 28/09/2012 :
 

 
   

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