Recommandation pour prévenir l'apparition des infections urinaires chez
la femme pendant et en dehors de la grossesse

Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 25 Juillet, 2010

 
  • Boire suffisamment d'eau (en moyenne, 1,5 litre par jour) afin de diminuer la concentration des germes et les éliminer plus rapidement.

  • Uriner dès la survenue de l'envie. Il ne faut pas vous retenir afin d'éviter la stagnation des urines dans la vessie.

  • Vider complètement la vessie en effectuant une miction complète.

  • Avoir une hygiène intime (vulvo-périnéale) parfaite tout en évitant les produits d'hygiène irritant afin d'éviter le développement des agents infectieux pathogènes, sources des infections urinaires à répétition, donc utilisez pour cela les savons adaptés à la toilette intime, non agressifs, doux et neutres de préférence ; l'utilisation de produits acides, alcalins ou contenant un antiseptique est à éviter.

  • La toilette intime bi-quotidienne est recommandée.
    Les toilettes intimes excessives ou insuffisantes sont la source d'infections vulvo-vaginales et urinaires.

  • La toilette intime après les selles doit être pratiquée de l'avant vers l'arrière (de la vulve vers l'anus), pour ne pas exposer la vulve, le vagin et l'arbre urinaire à des micro-organismes provenant du tube digestif à travers l'anus et la région anale.

  • Uriner avant et tout de suite après chaque rapport sexuel.

  • Eviter la transpiration et l'humidité excessives de la région vulvo-périnéale en évitant le port des pantalons serrés et des sous-vêtements en tissu synthétiques ; le frottement et humidité excessive sont des sources d'irritation et d'accroissement des agents infectieux à l'origine des infections urinaires et vulvo-vaginales.

  • Faire en sorte que les sous-vêtements que vous portez soient toujours propres en les changeant très régulièrement.

  • Lutter contre la constipation

  • Observer vos urines ; les urines troubles ou malodorantes pouvant témoigner de la présence d'une infection urinaire en cours.


  • Reconnaître les symptômes et les signes des infections urinaires :
    • Les symptômes et les signes de l'infection urinaire basse (limitée à la vessie "cystite" et l'urètre "urétrite") sont :
      " Les urines troubles ; les urines malodorantes ; l'envie impérieuse d'uriner ; les brûlures mictionnelles ; la dysurie (difficulté à uriner) ; les douleurs et/ou la tension sus-pubienne (en bas du ventre) ; la fréquence anormalement élevée des mictions (pollakiurie).

      La présence d'un ou plusieurs de ces symptômes et signes doit vous inciter à consulter rapidement votre Médecin.

    • L'infection urinaire basse pouvant être asymptomatique (sans aucun symptôme ou signe), surtout durant la grossesse, d'où la nécessité d'effectuer un dépistage systématique de l'infection urinaire à chaque consultation obstétricale en trempant une bandelette spécifique dans les urines afin de rechercher les signes des infections urinaires (nitrites, leucocytes, protéines et hématies).

      La positivité de recherche des nitrites dans les urines et/ou la présence de symptôme ou signes d'infection urinaires doivent inciter le Médecin à demander au laboratoire d'analyses médicales de réaliser très rapidement à leur patiente un Examen CytoBactériologique des Urines (ECBU) puis de prescrire à cette patiente une antibiothérapie adaptée en attendant le résultat définitif de l'ECBU (48 heures seront nécessaires).
      Cet ECBU peut infirmer ou confirmer la présence de l'infection urinaire tout en précisant le type de l'agent infectieux à l'origine de l'infection urinaire en cours et sa sensibilité aux différentes familles d'antibiotiques (c'est-à-dire l'antibiogramme).

    • En analysant les résultats définitifs de cet ECBU, le Médecin prescripteur peut :
      • Soit demander à sa patiente d'arrêter l'antibiothérapie en cours si l'uroculture bactérienne est négative ou inférieur à 103 micro-organismes/ml ;
      • Soit de poursuivre l'antibiothérapie en cours :
          • si uroculture bactérienne positive : >105 micro-organismes/ml
          • ou uroculture positive (>103 micro-organismes/ml) avec leucocyturie (> 104 leucocytes/ml).
        • et l'agent infectieux est sensible à ce traitement ;
      • Soit de modifier l'antiothérapie en cours (selon les indications de l'antibiogramme) :
          • si uroculture bactérienne positive : >105 micro-organismes/ml
          • ou uroculture positive (>103 micro-organismes/ml) avec leucocyturie (> 104 leucocytes/ml).
        • et l'agent infectieux n'est pas sensible à cette antibiothérapie initiale
      • La présence dans les urines de >103 et <105 micro-organismes/ml ou l'isolement de plusieurs espèces microbiennes doivent inciter à répéter l'ECBU tout en respectant les recommandations concernant la technique du recueil des urines.

    • En l'absence de symptômes et signes d'infection urinaire, avec recherche de nitrites négative dans les urines puis la présence de signes douteux dans les urines (protéinurie et/ou numération de leucocytes et/ou érythrocytes > à la normale), un ECBU doit être réalisé rapidement et l'antibiothérapie ne sera pas administrée que si cet ECBU mettra en évidence de la présence effective d'une infection urinaire.

    • L'infection de la partie haute des voies urinaires (pyélonéphrite aiguë) peut être évoquée devant l'association de la fièvre et de l'un ou de plusieurs des symptômes ou signes de l'infection urinaire basse puis la présence de douleurs localisées dans les régions lombaires avec l'irradiation vers les flancs et le bas du ventre.

    • Chez la femme enceinte, l'infection urinaire basse, même asymptomatique, doit être traitée rapidement car elle peut être la source de complications préjudiciables à la femme (en particulier la pyélonéphrite aiguë) et sur l'évolution de la grossesse (avortement, menace d'accouchement prématuré, accouchement prématuré...).

  • Autodépistage de l'infection urinaire :
    Dans le cadre l'autodépistage de l'infection urinaire (par le femme elle-même, en utilisant des bandelettes permettant de rechercher la présence des nitrites et des leucocytes dans les urines), il est recommandé :
    • Que ce dépistage soit fait sur la première urine du matin (urine concentrée) et avant toute prise de boisson car, pour bien tester la présence de nitrites, les urines doivent avoir séjourné au moins trois heures dans la vessie.
    • Les urines doivent être collectées dans un petit récipient propre en verre ou plastique n'ayant pas été en contact avec des détergents.
    • Dans la mesure de possible, il faut procéder à une toilette intime (centré sur l'orifice urinaire) à l'eau et au savon avec ensuite un rinçage appuyé à l'eau
    • Le premier jet urinaire s'effectue dans les toilettes, puis le reste de la miction s'effectue dans le récipient
    • Le dépistage sur la bandelette doit être réalisé immédiatement en trempant cette bandelette dans le récipient contenant les urines puis suivre les indications recommandées par le fabriquant pour la lecture et l'interprétation du test.
    • Un test positif doit vous inciter à consulter votre Médecin rapidement ;
    • Le test douteux doit être répété le lendemain matin, s'il demeure positif, vous devez consulter votre Médecin.

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