Interprétation de l'hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 g de glucose

  Valeurs de références
(grammes/litre)
Intolérance aux hydrates de carbone
(grammes/litre)
Diabète
(grammes/litre)
Diabète gestationnel
= une seule valeur
plus élevée que : (CNGOF)
   A jeun < 1,10 < 1,40 > 1,40 0,92 g/l = (5,1 mmol/l)
   30 minutes < 2,00 > 2,00 > 2,00  
   60 minutes < 2,00 > 2,00 > 2,00 1,80 g/l = (10 mmol/l)
   90 minutes < 2,00 > 2,00 > 2,00  
   120 minutes < 1,40 1,40 - 2,00 > 2,00 1,53 g/l = (8,5 mmol/l)

Interprétation des résultats de l’ Hb A1c (Hémoglobine glyquée)
par la technique H.P.L.C
 

      • HbA1c comprise ente 6,0 et 7,0 : diabète bien équilibré

      • HbA1c comprise ente 7,0 et 8,0 : diabète non équilibré ; à surveiller

      • HbA1c supérieure à 8,0 : diabète non équilibré ; revoir le traitement

 
 
  • Diabète gestationnel (DG) :

    • Définition :
      • « Le diabète gestationnel est défini par l'OMS comme étant un trouble de la tolérance au glucose conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse, quels que soient le traitement nécessaire et l'évolution dans le post-partum ».

        Cette définition englobe deux entités différentes :
        • Le diabète réellement apparu au cours de la grossesse, généralement en deuxième partie, et disparaissant, au moins temporairement dans le post-partum (l'ancienne définition du diabète gestationnel).
        • Le diabète patent préexistant à la grossesse, le plus souvent de type II, mais méconnu jusque-là, et que l'on découvre à l'occasion de cette grossesse, et qui persiste après l'accouchement.
          Ce type de diabète représente 15 % des cas de diabète gestationnel.

 
    • Le dépistage ciblé du diabète gestationnel
      Le dépistage du diabète gestationnel pratiqué actuellement en France est un dépistage ciblé proposé en 2010 par IADPSG (International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups) et retenu par le consensus français de 2010 de CNGOF (Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français) et la Société Francophone du Diabète.

      La décision de dépister le diabète gestationnel doit faire l'objet d'une évaluation et d'une information individuelles pour la patiente.

    • Il consiste à rechercher le diabète gestationnel chez les patientes à risque élevé, présentant au moins un des facteurs de risque suivants (grade A) :

      • Âge maternel égal ou supérieur à 35 ans
      • IMC (Indice de Masse Corporelle) égal ou supérieur à 25 kg/m²
      • Antécédents personnels de diabète gestationnel ou de macrosomie fœtale
      • Antécédents de diabète de type II chez apparenté(s) au premier degré.

      • En l'absence de facteurs de risque, la mise en évidence de biométrie fœtale supérieure au 97° percentile, ou d'un hydramnios doit faire rechercher un diabète gestationnel (accord professionnel).

    • La modalité de dépistage du diabète gestationnel :

      • I- D'abord une glycémie à jeun, au premier trimestre de la grossesse, en présence de facteurs de risque de diabète de type II (grade B), mais idéalement, en présence un de ces facteurs de risque de diabète de type II, ce dépistage doit être fait avant la grossesse, en consultation préconceptionnelle (accord professionnel).

        • Le diagnostic de diabète gestationnel est posé si la glycémie à jeun est égale ou supérieure à
          (0,92 g/l = 5,1 mmol/l)
        • Le diagnostic de diabète de type II est posé si la glycémie à jeun est égale ou supérieure à
          (1,26 g/l = 7 mmol/l) (accord professionnel)

      • II- Si la glycémie à jeun est normale au premier trimestre de la grossesse, et en présence d'un des facteurs de risque de diabète gestationnel cités plus haut, on fait faire à cette patiente, entre 24 et 28 SA (c'est l'âge gestationnel où la tolérance au glucose se détériore au cours de la grossesse - grade B), une hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 g de glucose.

        • Le diagnostic de diabète gestationnel est posé si "une" ou "plusieurs" de ces valeurs sont pathologiques :
          • la glycémie à jeun est égale ou supérieure à (0,92 g/l = 5,1 mmol/l)
          • la glycémie à une heure égale ou supérieure à (1,80 g/l = 10 mmol/l)
          • la glycémie à deux heures est égale ou supérieure à (1,53 g/l = 8,5 mmol/l).

        • Ces valeurs glycémiques, selon IADPSG, sont associées à un surrisuque de 75 % de macrosomie, d'hyper-insulinisme et d'adiposité fœtaux.

        • En cas de normalité du dépistage entre 24 et 28 SA, il n'y a pas d'argument pour répéter ultérieurement le dépistage à titre systématique.

      • Avec cette modalité de dépistage du diabète gestationnel, la prévalence attendue est de 16 à 18  % de la population.

  • Prise en charge du diabète gestationnel :
    (CNGOF 2010 : Recommandations pour la pratique clinique (RPC) : le diabète gestationnel.)


    • L'objectif thérapeutique actuellement validé en cas de diabète gestationnel est d'obtenir une glycémie à jeun inférieure à 0,95 g/l (grade A) (il n'existe pas des études validant le seuil 0,92).

      Il n'existe pas de données suggérant de privilégier la mesure postprandiale à une heure ou à deux heures, ni de seuils à retenir : 1,30 g/l, ou 1,40/l à une heure ou 1,20 g/l à deux heures.

    • L'apport calorique recommandé est compris entre (25 et 35 kcal/kg/j). La restriction calorique est indiquée en cas d'obésité, mais elle ne doit pas être inférieure à 1600 kcl/j.

    • L'apport en hydrates de carbone doit présenté 40 à 50 % des apport calorique (grade C). L'apport glucidique doit être réparti en trois repas et trois collations (accord professionnel).

    • Les hydrates de carbone à index glycémique faible et les fibres pourraient avoir un intérêt pour le contrôle du diabète gestationnel.

      En absence de contre-indication obstétricale, l'activité physique régulière, environ 30 minutes trois à 5 fois par semaine est recommandée (grade C)
      .

  • Accouchement :
    (CNGOF 2010 : Recommandations pour la pratique clinique (RPC) : le diabète gestationnel.)
    • En cas de DG bien équilibré, par le régime seul ou par l’insuline, et sans retentissement fœtal, il n’y pas d’argument qui justifie une prise en charge différente de celle d’une grossesse normale (grade C).

    • En cas de DG mal équilibré ou avec retentissement fœtal, il est recommandé de provoquer l’accouchement à un terme qui devra tenir compte de la balance bénéfice-risque materna-foetale. Le risque de détresse respiratoire
      du nouveau-né, nettement diminué à partir de 39 SA + 0 J, fait de cet âge gestationnel l’objectif à atteindre si possible.
    • Il n’est pas recommandé d’effectuer un dosage du rapport L/S ou du phosphatidylglycérol afin d’évaluer la maturité pulmonaire en cas de DG (grade C).

    • Devant le risque accru de dystocie des épaules et de paralysie du plexus brachial, il paraît raisonnable de proposer une césarienne en cas de DG lorsque le poids fœtal estimé est supérieur à une valeur seuil de 4250 ou 4500 grammes (grade C).
      Les données de la littérature sont insuffisantes pour permettre de faire un choix entre ces deux valeurs. La décision sera à prendre de façon individuelle après information de la patiente de la balance bénéfice-risque de la césarienne dans cette situation (accord professionnel).

    • La performance limitée de l’estimation pondérale échographique est rappelée. Aucune formule n’est supérieure aux autres ou à la mesure du périmètre abdominal pour la prédiction de la macrosomie (grade C).

    • La radiopelvimétrie n’a pas lieu d’être réalisée en cas de suspicion de disproportion fœtopelvienne en raison
      de sa mauvaise valeur diagnostique (grade C).

      En cas de DG et d’antécédent de césarienne, il n’est pas recommandé de réaliser systématiquement
      une césarienne (grade C).

    • En cas d’acceptation de la voie basse, la surveillance du travail ne nécessite pas de surveillance spécifique (accord professionnel).
      Une insulinothérapie systématique pendant le travail peut être responsable d’hypoglycémie maternelle et n’est pas recommandée (accord professionnel).

    • Pour les patientes traitées par de fortes doses d’insuline, une concertation préalable avec le diabétologue est recommandée pour décider de la prise en charge pendant le travail (accord professionnel).
 

 
Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 29 Septembre, 2012
 

 

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  • Références :
    • S.HIERONIMUS. Diabète gestationnel : qui dépister. Réalité en Gynécologie Obstétrique - n° 158_novembre/décembre 2011. p:36;39.
    • XXIV journées du Collège National des Gynécologues et obstétriciens français - Pars- décembre 2010. Recommandations pour la pratique clinique (RPC) : le diabète gestationnel.