Achille, le plus valeureux guerrier de la Grèce antique
Grèce - Delphes, Mycènes et Agrolide.

Auteur : Aly Abbara
13 Novembre, 2011

  • Achille :
    Fils de l'immortelle Néréide "Thétis" et le mortel, Pélée, roi des Myrmidons en à Phthie en Thessalie

  • Le récit de la vie et la mort d'Achille :
    Thétis, la mère d'Achille fut la plus célèbre des Néréides, fille de Doris et de Nérée et petite-fille d'Océanos.
    C'était une douce jeune déesse convoitée par Zeus et Poséidon, mais Thémis informa par son oracle ses deux amoureux qu'elle donnerait de ses unions avec l'un d'entre eux un fils plus puissant de son père et capable de le détrôner ; alors les dieux de l'Olympe décidèrent de la marier avec un mortel ; ce dernier serait Pélée, le fils d'Eaque, roi des Myrmidons, à Phthie en Thessalie.
    Refusant ce mariage, elle se métamorphosa en toutes formes d'êtres monstrueux ou éléments impalpables (feu, eau, vent, arbre, oiseau, tigre, lion, serpent et finalement en seiche) pour échapper à Pélée qui voulait l'approcher. Néanmoins, ce dernier, courageux et insistant parvint à la convaincre d'accepter ce mariage.

    Les noces furent célébrées sur le mont Pélion en présence de toutes les divinités de l'Olympe à l'exception de la déesse (Éris - la Discorde) qui n'avait pas été invitée ; alors pour se venger cette déesse jeta sur la table nuptiale sa fameuse pomme d'or qui portait cette inscription "à la plus belle" et qui était à l'origine d'une grande discorde entre Héra, Athéna et Aphrodite.
    Zeus voulant résoudre le problème, demanda à Hermès d'amener les trois déesses sur le mont Ida, auprès de Pâris pour que ce dernier donne son jugement et décide à qui devait revenir la pomme de la discorde (le jugement de Pâris).
    Pour obtenir sa faveur Héra promit au jeune prince de faire de lui le roi du monde entier et l'homme le plus riche parmi les mortels ; Athéna promit de le rendre le plus sage, le plus célèbre et le plus valeureux des mortels et lui permettant de devenir le plus doué dans tous les arts ; enfin Aphrodite proposa à Pâris de le marier avec la plus belle des femmes, Hélène, la fille de Tyndare et l'épouse de Ménélas, le roi de Sparte.
    Pâris sans hésitation, choisit la femme, Hélène qui enleva de son époux et amena Troie. Les peuples grecs humiliés par cet enlèvement déclarèrent la guerre aux troyens.
    Ce fut Agamemnon le roi de Mycène et le frère de Ménélas qui commandait les Grecs durant cette désastreuse guerre qui dura 10 ans et qui finit par la chute et la destruction de la ville de Troie puis le massacre et la dissémination de ses populations.

    Pélée reçut en cadeau de mariage une armure invincible et deux chevaux immortels servant plus tard pour son fils de Thétis, Achille le grand guerrier de l'antiquité.

    En effet, Thétis donna à Pélée sept enfants ; les six premiers, en voulant les rendre comme elle, immortels, elle les avait exposés au feu, mais cela avait provoqué leur mort ; le septième fut Achille, alors pour lui éviter le destin de ses frères, Pélée empêcha son épouse de lui faire subir la même épreuve. Thétis furieuse quitta Pélée pour joindre ses sœurs les Néréides dans les profondeurs de la mer. En son absence, Pélée chargea le Centaure Chiron de l'éducation de son fils Achille ; et pour certains auteurs, elle chargea Phœnix de lui enseigner l'art militaire.

    Thétis s'intéressa de nouveau à son dernier fils Achille, alors informée par un oracle qu'il mourrait au combat elle tenta de lui éviter ce destin tragique en le rendant invincible, insensible à toute blessure et immortel ; pour cela elle le plongea, enfant, dans le Styx en le tenant par les talons, donc hors de sa volonté et sans le savoir, les talons d'Achille restèrent quand même les seules parties vulnérables.

    Un oracle prédit la mort d'Achille sous les murs de Troie, alors quand la guerre de Troie fut déclarée, Thétis envoya son fils, déguisé en fille sous le nom "Pyrrha", à Scyros pour se cacher parmi les filles de Lycomède. Quand les Achéens Grecs découvrirent qu'Achille était caché chez Lycomède, ils se présentèrent à lui et lui demandèrent de l'envoyer combattre à Troie ; Lycomède nia sa présence chez lui et permit aux Grecs de le rechercher de, même dans son propre palais.
    Ne le trouvant pas, ils firent appel à Ulysse qui réussit à le démasquer en utilisant un stratagème consistant à apporter des cadeaux aux filles de Lycomède ; une de ces cadeaux fut un lot composé d'un bouclier et une lance ; puis Ulysse fit sonner une trompette dans le palais pour simuler une attaque ennemie ; Achille le guerrier arracha ses vêtements de femme et saisit les armes pour défendre le palais ce qui le démasqua. Ensuite Ulysse le convainquit de partir pour Troie batailler à la tête ses hommes, les Myrmidons.
    Pyrrha = rouge, roux à cause de la couleur de ses cheveux.
    Parmi les compagnons d'Achille dans la guerre de Troie on cite son plus cher ami Patrocle, fils de Ménoetios qui vivait à Oponte en Locride, mais en tuant l'un de ses camardes en jouant aux dés, il fut envoyé par son père chez le roi Pélée en Thessalie pour être élevé avec son fils Achille.

    Au cours de la dernière année de la guerre de Troie, Apollon répandit une épidémie de peste dans l'armée grecque ; après neuf jour de ce fléau, Achille réunit l'assemblée pour que le devin Calchas puisse leur transmettre les souhaits du dieu en colère Apollon ; en effet, ce dernier voulait que les Grecs rendent la captive Chryséis à son père Chrysès, le prêtre du temple du dieu à Troie.
    Agamemnon furieux décida d'accepter de rendre sa captive Chryséis à son père sous condition que la concubine d'Achille Briséis la remplaça.

    La dispute d'Achille et d'Agamemnon le roi des Grecs au sujet de la propriété Briséis finit par le transfert de cette esclave troyenne à la tente du roi. Quand les ambassadeurs d'Agamemnon se présentèrent à la tente d'Achille pour emmener la jeune femme, ce fut Patrocle que le héros désigna pour l'accompagner jusqu'au roi.

    Achille furieux et triste s'isola de ses hommes et se dirigea vers le bord de la mer pour implorer sa mère Thétis et lui demanda de se rendre auprès de Zeus pour lui rendre justice. Pour consoler son fils, Thétis quitta son domicile, la mer et se rendit à l'Olympe auprès de Zeus ; elle le supplia de faire en sorte que les Troyens emportent les combats contre les Grecs jusqu'à ce que ces derniers rendent à son fils honneur et justice.
    Zeus par un simple mouvement de la tête qui secoua l'Olympe, lui promit de satisfaire sa demande. Effectivement, pendant certain temps, les combats tournèrent à l'avantage des Troyens ; Agamemnon, inquiet, décida de se réconcilier avec Achille pour qu'il reprenne les combats à ses côtés, et pour cela, il lui envoya ses ambassadeurs, Phœnix, Ajax et Ulysse, afin de lui offrir des dons et des cadeaux, parmi lesquels se trouvait Briséis, le sujet de leur dispute, mais Achille ne céda pas, et se fut son ami Patrocole qui se déguisa en Achille en mettant sur lui son armure puis en conduisant les Myrrmidons au combat comme s'il s'agissait d'Achille lui-même. Malheureusement durant le combat, Patrocole après avoir tué un grand nombre de Troyens, devait affronter Hector, commandant de l'armée troyens et frère de Pâris, fils de Priam, roi de Troie.

    Hector, en combattant en duel, tua Patrocle, puis le dépouilla de ses armes et essaya de s'emparer de son corps, mais Ajax, Ménélas et d'autres guerriers grecs qui défendirent le cadavre, l'empêchèrent d'atteindre son but. Antiloque, d'autre ami d'Achille fut confié par Ménélas de lui transmettre la nouvelle de la mort de Patrocle. Apprenant la nouvelle, Achille, fou de douleur, se précipita sur le champ de bataille ; les Troyens, en le voyant, fuirent et laissèrent les Grecs emporter le corps de Patrocle à leur campement.

    Après la mort de Patrocle, son fantôme apparut à Achille dans un rêve, il demanda de lui faire une sépulture digne de son rang pour permettre à son esprit errant de trouver le repos éternel et d'être enterré près de lui, mais quand Achille s'approcha de Patrocle pour le serrer dans ses bras pour la dernière fois, le fantôme se dissout en fumée.

    Achille avait de longs cheveux blonds que son père Pélée avait promis de les sacrifier au dieu-fleuve Spercheus à son retour de Troie, mais Achille, conscient que son destin fut de mourir sous les murailles de cette ville, coupa sa chevelure et la déposa entre les mains de son ami mort Patrocole déjà installé, sous l'ordre d'Agamemnon, sur un grand bûcher funèbre ; cela eut lieu le lendemain de la visite du fantôme de Patrocle à Achille dans le rêve.

    Thétis, apprenant la mort du Patrocle, l'ami de son fils Achille, elle se rendit auprès de ce dernier pour le consoler, ensuite se rendit auprès d'Héphaïstos pour lui demander de fondre, un ensemble du bronze, de l'étain, de l'argent et de l'or, puis elle resta près de lui dans sa forge jusqu'à qu'il fabriqua pour Achille ses nouvelles armes, un grand et lourd bouclier, une cuirasse, un casque et des jambières.

    Achille reprit les combats et tua un grand nombre de Troyens à tel point que le reste de leur armée fut obligé de se réfugier à l'intérieur de la ville. Hector, malgré les prières de sa famille, décida de sortir hors des murailles pour affronter d'Achille, mais une fois face à face avec lui, il fut pris de peur et de frayeur, alors il s'enfuit en faisant trois fois le tour des murailles de la ville de Troie. Devant ce spectacle de désolation, Zeus décida d'achever la poursuite en prenant la balance du destin pour peser la mort des deux combattants, ce fut le plateau d'Hector qui s'inclina vers le royaume d'Hadès ; Apollon qui avait protégé jusqu'à là Hector, décida de l'abandonner à son triste destin. Effectivement, avec ses nouvelles armes, Achille livra combat en duel, au pied des murs de la ville et tua Hector, mais avant de mourir ce dernier le supplia de rendre son corps à son père Priam, Achille refusa sèchement cette demande, tout en lui déclarant que lui aussi mourrait bientôt.

    Hector mort, fut déshabillé par Achille qui perça ses tendons entre la cheville et le talon (connus sous le nom de tendons d'Achille) et glissa deux longues bandes de cuir qui accrocha à son char puis il lança les chevaux à grande vitesse pour le traîner violemment derrière le char autour de Troie, sous les yeux de son père Priam, sa mère Hécube et son épouse Andromaque, puis il l'emmena au camp des Grecs.

    Ne trouvant pas la paix intérieure malgré la mort de son ennemi Hector, Achille montait le matin sur son char, durant onze jours, et traînait son cadavre d'Hector autour de la sépulture de son ami Patrocle. Le douzième jour, Zeus affecté par le spectacle morbide, ordonna à Thétis de convaincre son fils de rendre le corps d'Hector à son père Priam, et en même temps il envoya Iris chez Priam afin d'aller à la rencontre d'Achille pour racheter le corps de son fils, puis il confia à Hermès la mission d'assurer sa protection pendant sa pénétration au camp des Grecs et dans la tente d'Achille. Après négociations, Achille rendit à Priam le corps de son fils Hector pour qu'il puisse lui offrir les funérailles qu'il méritait durant lesquelles la guerre fut interrompue.

  • Les Amazones, Achille et la guerre de Troie :
    Achille et Penthésilée : une histoire "d'amour et de mort" - selon la formule consacrée :
    • Certains auteurs signalent que c'est l'Amazone Penthésilée (fille d'Otréré et d'Arès) qui tua accidentellement sa sœur la reine Hippolyté, soit à la chasse, soit au cours du combat qui suivit le mariage de Thésée avec Phèdre. Penthésilée quitta sa patrie pour échapper aux trois Erinyes (Alecto, Tisiphoné et Mégère), furies qui vengent les parricides (les meurtres du père ou de la mère ou d'un autre ascendant) et les parjures. Ce fut Priam, le roi de Troie qui accepta de la purifier de ce meurtre, alors pour le remercier, Penthésilée, une fois devenue la reine des Amazones, partit à la tête d'un détachement militaire à Troie pour l'aider dans sa lutte contre les Grecs qui ont déjà tué son fils Hector. Penthésilée se distingua sur le champ de bataille ; elle tua beaucoup de guerriers grecs et obligea Achille à abandonner le combat à plusieurs reprises, et pour certains mythologues, elle tua Achille mais Zeus le ressuscita à la demande de sa mère Thétis.

      Finalement Penthésilée fut tuée par Achille qui lui transperça le corps, mais en constatant sa beauté éblouissante et sa fierté exceptionnelle, il tomba amoureux de son cadavre, il s'unit à elle morte dans un acte de nécrophilie et il pleura longtemps devant son cadavre. Plus tard, voulant l'enterrer, Achille demanda l'aide et ce fut Thersite (fils d'Etolien), le Grec le plus laid et le plus bavard qui vint à son secours, mais en prenant une attitude très agressive envers le cadavre de Penthésilée, il lui creva les yeux avec sa lance et se mit à se moquer d'Achille et de son amour et sa relation contre nature avec ce cadavre. Achille mécontent le frappa violemment au visage, lui brisa toutes ses dents et le tua.
      Diomède, le cousin de Thersite, voulant se venger d'Achille, traîna le cadavre de Penthésilée en le tenant par un pied puis le jeta dans le fleuve Scamandre. Achille parvint à récupérer le cadavre profané puis il l'enterra avec les honneurs consacrés aux reines.

    • D'après Quintus de Smyrne :
      • Résumé :
        Penthésilée avait tué sa sœur Hippolyté à la chasse d'un coup de javelot, sans le vouloir, en poursuivant une biche, pour cela elle venait à Troie pour échapper à la honte et aux reproches de sa nation et se purifier de la souillure de ce meurtre et apaiser les Erinyes terribles.

        Penthésilée était accompagnée de douze fidèles guerrières Amazones, toutes nobles, tout amoureuses de la guerre et des combats sans trêve ; c'étaient Clonia, Polemusa, Devioné, Evandra, Antandra, la divine Brémusa, Hippothoé, Harmothoé aux yeux noirs, Alcibié, Antibrooté, Derimachia et Termodossa orgueilleuse de sa lance.
        Arrivant à Troie, les Troyens se précipitaient et, pleins d'étonnement, contemplaient cette fille de l'insatiable Arès, aux jambes bardées de fer, semblable aux déesses ; son visage terrible était doux quand elle souriait.

        Dans la nuit précédant le combat contre les Grecs, Penthésilée voit un songe funeste où un personnage prenant l'apparence de son père Arès se présenta à elle et l'excita à affronter sans crainte le Grand Achille ; à cette vision, son cœur se réjouissait ; elle n'espérait que la nuit s'achève pour aller affronter ce valeureux guerrier, mais les songes trompent les mortels malheureux et leur prodiguent les mensonges.

        Lorsque parut l'Aurore aux pieds de rose, Penthésilée, pleine d'un grand courage, bondit de sa couche et mit sur elle son armure : des épaules d'armes que le dieu Arès lui avait données ; des cnémides enrichies d'or sur ses jambes blanches ; une cuirasse éclatante sur sa poitrine ; sa grande épée protégée dans un foureau à son côté ; le bouclier divin, semblable au croissant de la lune ; son casque orné d'une crinière blond sur sa tête et enfin elle prit à la main gauche sous son bouclier deux javelots, à la main droite une hache à deux tranchants que la Discorde cruelle lui avait donné comme une arme utile dans la guerre sanglante.

        Le jour du combat ; texte entier (Traduction d'E.A. Berthault (1884) :
        Source : www.musagora.education.fr/amazones/fichiers/presentation.htm
        Elle gémissait en pensant qu'elle avait perdu ses javelots, et Achille le fils de Pélée lui disait avec orgueil : « Femme, un fol orgueil t'a conduite ici ; tu voulais combattre le guerrier qui est le plus vaillant de tous les mortels ; car je me glorifie d'être issu de la race de Zeus le foudroyant ; j'étais redouté du rapide Hector, dès qu'il me voyait accourir aux combats funestes ; ma lance l'a tué, malgré son courage. Quelle est ta folie, toi qui as juré de me tuer aujourd'hui ! Mais ton jour fatal est arrivé ; Arès, ton père, ne t'arrachera pas de mes mains ; tu périras comme une biche qui dans les montagnes rencontre le lion, terreur des bœufs. N'as-tu jamais entendu dire le nombre des guerriers que j'ai tués de mes mains au bord du Xanthe ? ou bien les dieux t'auraient-ils ôté le sens et la raison pour te livrer aux Parques cruelles? » Il parla ainsi, et sa main puissante brandissait sa lance énorme, arme de mort fabriquée par Chiron : et il blessa la belliqueuse Penthésilée au-dessus de la mamelle droite ; un sang noir jaillit aussitôt de la blessure, et tout d'un coup ses membres fléchirent. Elle laissa échapper de sa main sa hache tranchante ; les ténèbres s'étendirent sur ses yeux, et la douleur déchirait sa poitrine. Mais elle respirait encore, et jetant les yeux sur son ennemi, qui s'élançait pour l'arracher de son cheval, elle se demandait si, tirant sa grande épée, elle attendrait l'attaque du rapide Achille, ou si, sautant à terre, elle supplierait le divin guerrier et lui promettrait quantité d'or et d'argent ; car les dons charment le cœur des mortels, quelle que soit leur colère. Peut-être apaiserait-elle ainsi le terrible Eacide ; peut-être encore, pensant qu'elle était du même âge, lui permettrait-il de revenir à Troie et d'échapper au trépas. Telles étaient ses pensées ; mais les dieux en avaient décidé autrement ; le fils de Pélée s'élança contre elle, en courroux, et d'un même coup de son javelot transperça la guerrière et son cheval rapide.

        Cependant le fils de Pélée, fier de sa victoire, insultait à son ennemie : « Reste dans la poussière, proie des chiens et des vautours, folle ! Qui t'avait inspiré l'envie de m'affronter ? Tu espérais après le combat obtenir du vieux Priam des récompenses magnifiques pour la mort des Argiens. Si telle était ton ambition, les dieux ne l'ont pas favorisée ; car je suis le plus vaillant des guerriers, la lumière de ma nation, le fléau de Troie et le tien, malheureuse ! Les Parques sombres et ton orgueil t'ont fait laisser les ouvrages des femmes, pour venir affronter la guerre, redoutée même des hommes ». Il parla ainsi et retira son javelot du corps du cheval et de la malheureuse Penthésilée ; tous les deux palpitèrent une dernière fois, victimes du même coup. Achille lui arracha de la tête son casque étincelant, semblable aux rayons du soleil ou aux éclairs de Zeus ; et la guerrière demeura sur le sable et dans le sang ; son gracieux visage brillait encore d'un éclat pur, quoiqu'elle fût morte. Et les Argiens qui étaient là étaient frappés d'admiration, car elle était semblable aux déesses. Elle était étendue sur la terre avec ses armes, comme Artémis l'invincible quand elle dort, Artémis la fille de Zeus, lorsqu'elle est fatiguée de poursuivre sur la cime des montagnes les lions rapides. Cypris à la couronne d'or, l'amie du vaillant Arès, laissait à la guerrière sa beauté dans la mort, afin d'affliger le coeur même du vaillant fils de Pélée. Et tous souhaitaient à leur retour dans la patrie les caresses d'une femme aussi belle. Et Achille lui-même jusqu'au fond du cœur avait peine de l'avoir immolée ; il pensait qu'il aurait pu l'emmener, chaste épouse, dans la Phthie féconde en chevaux ; car, pour sa taille et sa beauté, elle était semblable aux déesses.

        Pleins de pitié pour la noble Penthésilée, les Atrides, qui l'admiraient aussi, la rendirent aux Troyens avec ses armes pour l'emporter dans la ville opulente de Troie. Tel était le désir de Priam, et il envoya une ambassade aux Atrides, afin d'ensevelir la jeune fille avec son cheval et ses armes dans le tombeau magnifique du riche Laomédon. Il lui éleva donc devant la ville un bûcher, haut et large ; au sommet il étendit la belle guerrière avec toutes les richesses qui devaient au milieu du feu entourer sa personne royale. Et la flamme brûlante d'Héphaïstos dévora ses restes ; les peuples alentour éteignirent les cendres dans des flots de vin ; les os furent recueillis, arrosés de parfums, enfermés dans une urne et recouverts de la graisse d'une génisse immolée parmi les troupeaux qui paissent sur les montagnes de l'Ida. Les Troyens, tristes comme s'ils eussent perdu une fille chère, l'ensevelirent près des murailles épaisses, sous un tertre près du glorieux Laomédon ; ils devaient cet honneur au dieu Arès et à la vaillante Penthésilée. A ses côtés, ils placèrent les Amazones qui l'avaient accompagnée à la guerre et que les Argiens avaient tuées. Les Atrides ne leur refusèrent pas les tristes honneurs de la sépulture ; leurs corps, dont le trait fatal avait été arraché, furent rendus aux Troyens belliqueux avec les cadavres des autres guerriers qui avaient péri dans le combat. Car la colère, n'existe pas contre les morts ; il faut plaindre au contraire les ennemis qui ne sont plus et dont la vie s'est envolée.

    • Selon Éthiopide :
      • Après la mort de Penthésilée, Achille fait voile vers Lesbos et après avoir sacrifié à Apollon, Artémis et Létô, il fut purifié de son meurtre par Ulysse.

    • Dans le mythe de Penthésilée on constate qu'il s'agit d'un affrontement entre la virilité dans sa forme héroïque parfaite représentée par Achille et la féminité physique par excellence qui refuse le pouvoir des hommes. Achille tombe amoureux Penthésilée qui vient d'anéantir, en effet pour aimer pleinement cette femme, il a fallu à Achille de tuer chez elle sa part de virilité, mais il ne restait devant lui qu'une féminité cadavérique. Certains pensent qu'Achille viola le cadavre de Penthésilée pour tenter de s'approprier son âme en colère.

    • Sur le trône de Zeus à Olympie, il a été figuré la scène d'Achille soutenant Penthésilée mourante.

    • Après la mort de leur reine Penthésilée, les Amazones cessèrent le combat contre les Grecs à Troie.

    • L'Amazone Clété, la nourrice de Penthésilée, apprenant la nouvelle de la fuite de cette dernière après le meurtre accidentel d'Hippolyté, partit à sa recherche, mais en s'égarant elle se trouva en Italie où elle fonda la Ville de Clété.

    • D'autres versions du mythe de Penthésilée et Achille :
      • Diodore de Sicile : « On dit que Penthésilée fille de Mars et reine du petit nombre des Amazones qui avaient échappé à la fureur de leurs ennemis (après que leur nation fut très affaiblie suite à la bataille entre les Amazones et Héraclès). Penthésilée, ayant été obligée de quitter le trône et sa patrie pour un meurtre qu'elle avait commis, combattit parmi les Troyens après la mort d'Hector ; qu'elle tua même plusieurs Grecs et qu'après s'être distinguée dans toutes les rencontres, elle perdit glorieusement la vie par la main d'Achille. Mais c'est la dernière des Amazones dont on fasse une mention honorable et leur nation ayant toujours décliné depuis ce temps-là est enfin disparue ».

      • D'autres Mythologues prétendent que les Amazones envahirent l'Attique et Athènes, lorsque Thésée y était Roi, sous la conduite de leur Reine Penthésilée, elles combattirent les Grecs ; c'est Achille qui tua leur reine Penthésilée mais en constatant sa jeunesse et sa beauté éblouissante, il se lamenta sur son cadavre et pleura de la voir morte.

    • Les Amazones et le temple d'Achille (vengeance ratée) :
      • Un jour, un nombre important de navires transportant de marchandises, de marins et de constructeurs de bateaux arrivèrent sur le littoral proche de la cité des Amazones ; ces dernières les firent prisonniers dans des étables afin de les vendre aux Scythes anthropophages pour les manger. La sœur de la reine des Amazones tomba amoureuse d'un de ces jeunes prisonniers et réussit à convaincre la reine de les libérer.
        Au cours de leur capture, ces prisonniers apprirent la langue des Amazones, alors en discutant avec elles, ils les informèrent de la présence, sur une île distante de deux mille stades de leur littoral, le riche temple d'Achille. Voulant s'emparer des richesses de ce temple et se venger d'Achille, les Amazones ordonnèrent les hommes étrangers de les faire apprendre à naviguer et de construire pour elles des navires capables de transporter des chevaux pour aller combattre Achille à cheval.

      • Au printemps, depuis l’embouchure du Thermodon, les Amazones et leurs complices étrangers partirent avec cinquante navires pour l'île du temple d'Achille. Arrivant dans l'île, elles demandèrent aux hommes de dégager le temple en coupant les arbres qui l'entouraient comme un ornement, mais ces complices échouèrent d'accomplir cette mission, car les haches rebondirent sur eux et les frappèrent sur la tête ou sur la nuque et les firent tombèrent des arbres ; alors les Amazones changèrent de stratégie et attaquèrent le temple en faisant irruption dans le sanctuaire avec leurs chevaux. Surpris, Achille jeta un horrible regard sur elles et sur leurs chevaux, ces derniers prirent de peur, ils firent tomber leur cavalière, ils les foulèrent par leurs pattes et comme des lions, ils les dévorèrent en déchirant leurs poitrines et en mangeant leurs entrailles. Une fois le carnage anthropophagique fut terminé, les chevaux s'élancèrent à travers l'île en folie et arrivant au littoral, ils se jetèrent à la mer croyant qu'il s'agissait d'une belle campagne. Quant aux cinquante navires des Amazones, étant sans charge et sans gouverneurs, ils se brisèrent les uns contre les autres.
        Après cette irruption désastreuse des Amazones, le temple d'Achille et l'île devinrent un champ de débris de naufrages, de cadavres et de restes de chairs humaines, alors pour nettoyer et purifier l'île, Achille fit venir sur cette dernière un énorme vague géant.

    La mort d'Achille :
    • Après la mort du prince guerrier troyen Hector, Achille avait repris le combat en commandant ses compagnons les Myrmidons, contre les Troyens et ce fut le prince Pâris le tua qui devant les portes de Troie en le blessant par une flèche déviée par Apollon pour aller le frapper au talon, la seule partie vulnérable de son corps.
      D'autres versions prétendent qu'Achille, après la mort de son ami Patrocle, commanda l'armée grecque et lança à deux reprises l'assaut sur Troie ; au cours de la dernière attaque, il était prêt à abattre les portes de la ville, alors Apollon l'arrêta, mais lieu de s'incliner devant le dieu, Achille leva sur lui son bras armé de javelot ; Apollon qui fut plus rapide le frappa d'une flèche au talon causant sa mort.

      Un dur combat se déchaîna devant les murs de Troie autour du corps d'Achille ; Ajax et Ulysse se distinguèrent par leur courage et leur dévouement et réussirent à arracher le corps de leur héros des mains des Troyens puis le transférer à leur campement où on organisa des funérailles grandioses à sa mémoire.
      Les cendres d'Achille furent enterrées avec celles de son meilleur ami Patrocole, à la demande de ce dernier en apparaissant à Achille en rêve.

    • On pensait que parmi les Grecs, le plus valeureux guerrier après Achille fut Ajax (le Grand) ; lors d'un des combats il blessa Hector, mais ce dernier échappa à la mort car son destin qui fut décidé par les dieux, c'était de ne pas être tué que par Achille.

      Après la mort d'Achille, une trêve fut conclue entre les Grecs et les Troyens afin d'organiser les funérailles du héros. Dans la suite, une dispute eut lieu entre Ajax et Ulysse qui avaient repris le cadavre du héros des mains des ennemis lors du dernier combat ; le sujet de la discorde fut la propriété de ses armes.
      Agamemnon qui ne voulait pas être responsable d'un tel choix, réunit les commandants de guerre qui devaient donner leur jugement dans cette affaire en écoutant les arguments de l'un et de l'autre.
      Ce fut Ulysse qui les emporta. Ajax furieux décida de se venger sur les Acéens, mais Athéna pour l'empêcher de tuer ses Grecs, le rendit fou. Prit d'une crise de démence soudaine, il sortit dans la nuit de sa tente et égorgea les animaux des troupeaux croyant qu'il s'agissait des Achéens. Le lendemain, revenant à son état naturel, il ne supporta pas la moquerie générale et le déshonneur en raison de ses actes de folie, alors il suicida en se jetant sur son épée et le plantant dans sa poitrine ; de son sang répandu à terre poussa un œillet.

    • Thétis, après la mort de son fils Achille à Troie, reporta son affection et son attention à Néoptolème, fils d'Achille de Déidamie ; elle lui sauva la vie en le conseillant de ne pas regagner sa patrie Phthie en Thessalie immédiatement après la chute de Troie, car effectivement une énorme tempête détruisit la flotte grecque au cours de ce voyage de retour.

Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : le 13 Novembre, 2011

  • Bibliographie :
    • Lucia Impelluso : Mythes - Histoire et représentations des dieux et héros de l'Antiquité. Editions de la Martinière- 2008.
    • Félix Guirand ; Joël Schmodt. Mythes, Mythologie - Histoire et dictionnaire. Larousse 2006.
    • Timothy Gantz : Mythes de la Grèce archaïque - Belin 2004.
    • Robert Graves. "Les mythes grecs" traduction intégrale du livre de langue anglais "Greek Myths Cassell & C° LTD. Londres" . Edition 2, Livre de poche La Pochothéque, FAYARD. 2005.
    • Catherine Salles " La Mythologie grecque et romaine " Hachette littérature. Tallandier Éditions, 2003.
    • Jean Chevalier, Alain Gheerbrant."Dictionnaire des symboles" Edition Robert Laffont 1989.
    • Pierre Ellinger. Dictionnaire des mythologies (Sous la direction de Yves BONNEFOY). Flammarion, Paris - 1981 ; tome I.
    • Pierre Grimal, La Mythologie grecque (collection Que sais-je ?) 1972.

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