شَكْواكَ لِلنَّاسِ
شعر كَريم العِراقي (كريم عودة)
1955 - 2023
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تَوَسَّدَ القَلْبَ مُذْ أنَّ خَطَّهُ القَلَمُ

بَيْتٌ مِنَ الشِّعْرِ أذْهَلَني بِرَوْعَتِهِ

عِشْرينَ بَيْتاً لَها مِنْ مِثْلِهِ حِكَمُ

أضْحَى شِعاري وَحَفَّزَني لِأُكِرِمُهُ

لا يُؤلِمُ الجُرْحُ إلاَّ مَنْ بِهِ أَلَمُ

لا تَشْكُ لِلنَّاس جُرْحاً أنْتَ صاحِبُهُ

وَمَنْ مِنَ النَّاسِ صَاحٍ ما بِهِ سَقَمُ

شَكْواكَ للنَّاسِ ياابْنَ النَّاس مَنْقَصَةٌ

حُمْرُ الدَّلائِلِ مَهْما أهْلُها كَتَموا

فَالْهَمُّ كالسَّيْلِ وَالأَمْراضُ زاخِرَةٌ

عَيْناكَ تَغْلي وَمَنْ تَشْكوُ لَهُ صَنَمُ

فَإنْ شَكَوْتَ لِمَنْ طابَ الزَّمانُ لَهُ

أَضَفْتَ جُرْحاً لِجُرْحِكَ اِسْمُهُ النَّدَمُ

وَإنْ شَكَوْتَ لِمَنْ شَكْواكَ تُسْعِدُهُ

أَمِ التَّعازي بَديلٌ.. إنْ هَوى العَلَمُ ؟

هَلِ المُوَاساةُ يَوْماً حَرْرَّتْ وَطَناً ؟

لا عَيْنَ لِلْحَظِّ إنْ لَمْ تُبْصِرِ الهِمَمُ

مَنْ يَنْدُبُ الحَظَّ يُطْفِئُ عَيْنَ هِمَّتِهِ

فَأجْبَرَتْني عَلى هِجْرانِهِ التُّهَمُ

كَمْ خابَ ظَنِّي بَمَنْ أهْدَيْتُهُ ثِقَتي

عَلى ضُلوعي وَكَمْ زَلَّتْ بِهِ قَدَمُ

كَمْ صِرْتُ جِسْراً لِمَنْ أَحْبَبْتُهُ فَمَشى

فَما وَفائي لخِلٍ.. ما لَهِ قِيَمُ ؟

فَداسَ قَلْبي وكانَ القَلْب مَنْزِلَهُ

جُرْحي عَنيدٌ بِلَسْعِ النَّار يَلْتَئِمُ

لا اليَأْسُ ثَوْبي ولا الأحْزانُ تَكْسِرُني

يَغْزو الشُّموعَ حَريقٌّ وهيَ تَبْتَسِمُ

إشْرَبْ دُموعَكَ واجْرَعْ مُرَّها عَسَلاً

وانْهَضْ كَسَيْفٍ إذا الأنْصالُ تَلتَحِمُ

والْجِمْ هُمومَكَ واَسْرِجْ ظَهْرَها فَرَساً

والعَدْلُ في الأرْضِ.. لا عَدْلٌ ولا ذِمَمُ

عَدالَةُ الأَرْضِ مُذْ خُلِقَت مُزَيْفَةٌ

والشَّرُّ ذِئْبٌ خَبيثُ ماكِرٌ نَهِمُ

فالخَيْرُ حَمْلٌ وَديعٌ خائِفٌ قَلِقٌ

لِتُطَمْئِنَ الذِئْبَ إنَّ الشَّمْلَ مُلْتئِمُ

كُلُّ السَكاكينِ صَوْبَ الشَّاةِ راكِضَةٌ

تَرى المَلَذاتِ تَحْتَ يَدَيْكَ تَزْدَحِمُ

كُنْ ذا دَهاءٍ وكُنْ لِصاً بِغَيْرِ يَدٍ

لَهُما تُصَلِّي بِكُلِّ لُغَاتِها الأُمَمُ

فالمَالُ والجاهُ تِمْثالانِ مِنْ ذَهبٍ

وأكْثَرُ النَّاسِ تَحْتَ عُروشِهِمْ خَدَمُ

والأقْوِياءُ طَواغيتٌ فَراعِنَةٌ

ما سَال دَمْعٌ عَلى الخَدَيْنِ.. سَالَ دَمُ

شَكْواكَ شَكْوايَ يامَنْ تَكْتَوي ألَماً

وَنَسْتَعينُ بِهِ عَوْناً.. وَنَعْتَصِمُ

وَمَنْ سِوَى الله.. نَأوِي تَحْتَ سِدْرَتِهِ

يَتَقَاتَلونَ عَلى عَدَمٍ.. وهُم عَدَمُ
كُنْ فَيْلَسوفاً تَرَى أَنَّ الجَميعَ هُنا
   
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شَكْواكَ لِلنَّاسِ
شعر كَريم العِراقي (كريم عودة)
1955 - 2023
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Traduction du poème vers le Français et analyse
Par Dr Aly ABBARA
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Je vais suivre la structure du poème, en regroupant parfois deux vers qui forment une idée unique.

1. Le vers qui a touché son cœur
Le poète commence en disant qu’un vers qu’il a écrit a pris place dans son cœur, comme un invité permanent. Ce vers l’a stupéfié par sa beauté et est devenu son slogan, son moteur.

2. Vingt vers de sagesse
Il précise que ce poème compte une vingtaine de vers, chacun porteur de sagesse. Ce n’est pas un simple texte, c’est une sorte de code de conduite.

3. Ne te plains pas aux gens d’une blessure dont tu es le propriétaire
Il affirme que la blessure ne fait mal qu’à celui qui la porte. Se plaindre aux autres de sa douleur est inutile, car ils ne la ressentent pas comme toi.

4. Personne n’est vraiment sain
Il rappelle que parmi les gens, nul n’est totalement épargné par la maladie ou les soucis. Chacun a son propre fardeau.

5. La plainte est une diminution
Se plaindre aux autres est une “manqasa” — une diminution de soi, une atteinte à sa dignité, même si les signes de la souffrance sont cachés.

6. Le chagrin comme torrent, les maladies débordantes
Le souci est comparé à un torrent, les maladies à une mer qui déborde. Tes yeux bouillent de douleur, mais celui à qui tu te plains peut être comme une statue, insensible.

7. Se plaindre à celui qui vit bien
Si tu te plains à quelqu’un pour qui le temps est doux, tu ajoutes un regret à ta blessure. Il ne peut pas comprendre, et ta plainte te revient comme un boomerang.

8. Se plaindre à celui que ta plainte réjouit
Si tu te plains à quelqu’un qui se réjouit de te voir souffrir, alors ta plainte devient une faute. Les condoléances seraient plus dignes que sa fausse compassion.

9. La consolation ne libère pas les peuples
Il pose une question : la consolation a‑t‑elle jamais libéré une patrie ? Les condoléances remplacent-elles un drapeau tombé ? Non. Les larmes ne changent pas le monde.

10. Se lamenter sur la chance éteint la volonté
Celui qui se plaint de sa malchance éteint la lumière de sa propre détermination. Le destin ne voit pas ceux qui n’ont pas de volonté.

11. Déception envers ceux à qui il a donné sa confiance
Il raconte combien il a été déçu par ceux à qui il avait offert sa confiance. Les accusations l’ont forcé à les quitter.

12. Le pont sur ses côtes
Il s’est fait pont pour ceux qu’il aimait : ils ont marché sur ses côtes, certains ont trébuché, d’autres ont écrasé son cœur, alors que son cœur était leur maison.

13. La loyauté sans prix
Il dit que sa fidélité n’a pas de valeur marchande, mais qu’elle a été piétinée. Ceux qu’il a servis n’ont pas reconnu ce qu’il leur donnait.

14. La blessure qui se referme par le feu
Sa blessure est tenace : elle ne guérit pas par le désespoir, mais par le feu—par l’épreuve, par la douleur assumée. La tristesse et le malheur ne le brisent pas.

15. Les bougies qui sourient en brûlant
Même les bougies sourient alors que le feu les dévore. Image magnifique : la lumière accepte sa propre destruction pour éclairer.

16. Boire ses larmes comme du miel
Il invite à boire ses larmes, à avaler leur amertume comme si c’était du miel. Transformer la douleur en force.

17. Se relever comme un sabre
Il faut se lever comme une épée quand les lames s’entrechoquent : être prêt au combat, ne pas rester à terre.

18. Dompter ses soucis, en faire une monture
Il conseille de mettre un mors à ses soucis, de les enfourcher comme un cheval. Autrement dit : utiliser ses problèmes comme moteur, non comme chaînes.

19. Il n’y a ni justice ni loyauté sur terre
Il constate que sur terre, il n’y a ni vraie justice ni vraie loyauté. La justice humaine est falsifiée depuis la création.

20. Le mal comme loup, le bien comme agneau
Le mal est un loup rusé, affamé ; le bien un agneau doux, inquiet. Le monde est dangereux pour les innocents.

21. Rassurer le loup en lui montrant un troupeau uni
Pour calmer le loup, il faut lui faire croire que le troupeau est soudé. C’est une leçon de stratégie : l’unité apparente protège.

22. Tous les couteaux courent vers la brebis
Les couteaux se dirigent toujours vers la brebis, jamais vers le loup. Les plaisirs se pressent sous tes mains, mais ils sont piégés.

23. Être voleur sans voler
Il conseille d’être rusé, “voleur sans main” : savoir prendre sa place dans un monde injuste sans devenir criminel. L’intelligence comme arme.

24. L’argent et le prestige comme idoles d’or
L’argent et le statut sont deux statues d’or devant lesquelles les nations prient dans toutes les langues. Le monde adore le pouvoir.

25. Les puissants comme tyrans, pharaons
Les forts sont des tyrans, des pharaons. Quand une larme coule sur la joue, c’est en réalité du sang qui coule : la souffrance est profonde.

26. Ta plainte est ma plainte
Il s’adresse à celui qui souffre : ta plainte est ma plainte. Nous partageons la même brûlure.

27. Chercher refuge sous l’arbre de Dieu
Il dit qu’ils cherchent refuge ensemble, et que nul autre que Dieu ne peut les abriter sous Son arbre. Dieu est le seul véritable refuge.

28. Ils se battent pour le néant
Les gens se battent pour le néant, car ils sont eux-mêmes néant. Critique radicale de la vanité humaine.

29. Sois philosophe
Il conclut : sois philosophe, tu verras que tous ici ne sont que passants. Rien n’est vraiment solide, tout est transitoire.

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Poésie arabe (الشعر العربي)
Page créée par Dr Aly Abbara
MAJ : 18 Juillet, 2026



Consulter également :
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