La Peste - Le masque du médecin de la peste - Medico della Peste - Venise - الطاعون ـ قناع ولباس طبيب الطاعون في فينيسيا

Médecine de la peste à Venise


  • Image montrant l'aspect du masque et des habits vénitiens du Médecin de la Peste.

    مجموعة من الصور تظهر القناع واللباس الذي كان يرتديه الأطباء في مدينة فينيسيا الإيطالية من أجل معاينة المرضى المصابين بمرض الطاعون. الغاية من هذا اللباس هو حماية الطبيب من العدوى بالمرض وذلك بتغطية كل جسمه بما فيه وجهه.

    المنقار المزود به القناع كان يملأ بأعشابٍ طبية عطرة تسمح للطبيب بمقاربة المريض دون أن ينزعج من الروائح العفنة الصادرة عنه. أما العصى التي يحملها فقد كانت تسمح للطبيب بخلع ثياب المريض دون أن يمسه بيديه.

    الطاعون (جمع : طواعين) هو مرض إنتاني جرثومي وبائي شديد العدوى والفوعة ؛ ينتقل من القوارض المريضة إلى الإنسان عن طريق برغوث القوارض وكذلك عن طريق التماس بين الحيوان المريض والإنسان ؛ أخيراً في حال وجود إصابة رئوية عند الإنسان، فإنه يمكنه أن ينقله إلى الناس من حوله بالطرق التنفسية. هذا الشكل الأخير من العدوى هو الذي يسمح للطاعون بالاِنتشار الواسع بين البشر وقتل الملايين منهم في كل وباءٍ طاعوني.

  • Lors de la grande épidémie de la peste à Venise qui a débuté en juin 1575 et qui a provoqué la mort de plus de 43 000 vénitiens en une seule année, il était nécessaire de construire un immense Lazzaretto (site d'isolement des pestiférés) flottant composé par près de trois mille bateaux attachés les uns aux autres.

  • Les médecines qui se déplaçaient entre ces bateaux, afin de soigner les malades, portaient un ensemble de tenu protecteur composé de :
      • Une tunique de toile cirée (imperméable) recouvrant l'ensemble du corps, y compris le cou, puis l'arrière et le haut de la tête.

      • Ils portaient également sur le visage un masque pourvu d'un grand bec (comme les oiseaux) dans lequel étaient placées des herbes et des décoctions contre les odeurs pestilentielles ; ce masque recouvrait largement la totalité du front afin que le chapeau puisse supposer sur lui. C'est ainsi, l'ensemble du visage et le reste de la tête étaient hors contact avec l'extérieur.

      • Enfin, les médecins de la peste possédaient également une baguette leur permettant de soulever les vêtements des pestiférés sans les toucher par les mains.

  • La peste :
    • La peste est une maladie animale touchant essentiellement les rongeurs (rat, gerbille, marmotte) ; la maladie est transmise entre animaux par contact direct, ou par l’intermédiaire de la puce ; elle est également transmise des rongeurs à l'homme (une zoonose classique) et aux autres animaux par l’intermédiaire de la puce des rongeurs ou par contact avec les animaux malades (la bactérie pénètre dans l'organisme à travers des microtraumatismes de la peau).

      Il s'agit d'une maladie infectieuse très contagieuse et d'une extrême virulence provoquant à travers l'Histoire de l'humanité des grandes épidémies, la plus meurtrière sévit entre 1347 et 1351, c’est "La Grande Peste" ou "La Peste Noire" qui se propagea de la Chine vers toute l’Europe, pour tuer de 20 à 30 millions de personnes (environ la moitié de la population européenne) ; cette épidémie désorganisa les systèmes économiques et sociaux en Europe et mit en doute les dogmes religieux tout en évoquant la nécessité d'approfondir les connaissances dans le domaine médical et scientifique.

      Parmi les autres épidémies de la peste noire : la peste de Londres (1655) qui tua 20 % de sa population ; la peste de Marseille (1720), de Messine (1747), de Jaffa (1799), de la Chine (1844) et de Manchourie (1910-1911).

    • La bactérie responsable de la maladie a été découverte en 1894 par Alexandre YERSIN, médecin Suisse et élève de Pasteur, qui lors d'une épidémie à Hong-Kong, retrouva le bacille sur des rats morts et conclut à la présence d'un lien entre ces rats morts par cette bactérie et la transmission de la peste, mais rôle de la puce des rats dans la transmission de la peste à l'homme a été mis en évidence en 1898 par un pasteurien français, SIMOND Paul Louis.

      Il s'agit de la bactérie Yersinia pestis (anciennement appelé Pasteurella pestis), du genre Yersinia regroupant des bacilles rattachés aux Enterobacteriaceae : bacilles encapsulés, non flagellés ; non sporulés, droits, parfois cocco-bacillaires de 0,5 à 0,8 µm x 1 à 3 µm de diamètre ; à Gram négatif présentant parfois une coloration bipolaire ; immobile. Y. pestis pousse lentement en 36 à 38 heures dans les milieux de culture ; la température nécessaire à son développement se situe entre -2°C et + 45°C.

      Le Yersinia pestis (Y. pestis) peut être isolé du pus ganglionnaire et des ponctions des bubons, ou des expectorations bronchiales et enfin par hémoculture ; l'inoculation à la souris ou au cobaye permet également retrouver le bacille.

      La sérologie est positive tardivement (6 à 10 jours après le début de la maladie, avec un pic vers le 15° jours de la maladie) ; il s'agit de la recherche des anticorps dirigés contre la capsule (fraction F1) de Y. pestis.

      En post-mortem, le Y. pestis peut être isolé dans les mises en culture des prélèvements hépatiques, spléniques et pulmonaires.

      Le réservoir naturel de la bacille Yersinia pestis, responsable de la peste, est composé du couple (puce-rongeur), où la puce transmet la bactérie du rongeur infecté (en particulier le rat) à un autre rongeur et des rongeurs infectés à l'homme, mais la bactérie de la peste peut également survivre plusieurs mois, voire plusieurs années dans le sol ou les terriers, ce qui permet de recontaminer les rongeurs. Ce type de réservoir naturel (sol des terriers) assure la pérennité de la peste dans certains foyers dans le monde : l'Asie du Sud-Est, la Caucase, l'Iran, l'Afrique saharienne et l'Amérique (Brésil et USA).

    • Les espèces pouvant être infectés par la peste :
      • Rongeurs :
        • Le rat noir (Rattus rattus) est très sensible à l'infection ; l'épizootie dans cette espèce de rongeurs est la principale source des épidémies humaines connues chez l'homme.

          La puce quitte le rat mourant pour piquer d'autres rats vivants ou d'autres espèces comme l'homme.

        • La souris domestique (Mus musculus), joue un rôle source pratiquement nul dans la transmission de la peste car sa puce (Leptopsylla segnis) n'est pas pestigène.

        • Les rongeurs sauvages représentent les réservoirs naturels de la peste sylvestre (de la nature sauvage, forêts et bois), mais ils sont souvent des espèces peu sensibles qui ne meurent pas de la maladie et peuvent ainsi la transmettre aux autres espèces sensibles comme le rat noir par l'intermédiaire des puces.

      • Homme (hôte secondaire).
      • Carnivores (surtout chien et chat) ;
      • Marsupiaux (Monodelphis domestica) ;
      • Ovins ; chameaux...
      • Lagomorphes (la famille du lapin) sont très peu réceptifs.

    • Le vecteur de l'agent de la peste est la puce :

      • Le rôle de la puce des rats dans la transmission de la peste à l'homme a été mis en évidence en 1898 par un pasteurien français, SIMOND Paul Louis.

      • La puce peut être :
        • Pestifère = infectée en piquant un rongeur contaminé.
        • Pestigène = elle est pestifère est capable de transmettre l'infection en piquant les espèces sensibles à la peste.
        • Pestifère et pestigène : car toutes les puces pestifères ne sont pas pestigènes

          • Les Xenopsylla cheopis (les puces du rat noir, rattus rattus) sont très pestigènes, également les genres Stenoponia et Nosopsyllus.

          • La puce du chat (Ctenocephalis felis) : pestifère et non pestigène

          • La puce de la souris domestique (Leptopsylla segnis) n'est pas pestigène.

          • La puce de l'homme (Pulex irritans, Pediculus humanis) joue un rôle mineur dans la transmission de la peste.
             
    • Description clinique de la peste :

    • Les premières et les seules descriptions dites cliniques connues de la peste ce sont les descriptions faites par les Médecins de Marseille au cours de l'épidémie de la peste qui a touché cette ville de 1720 à 1722.

    • Chez l'homme, les formes cliniques de la peste sont :

      • 1- La peste bubonique (ganglionnaire) :
        Après une piqûre par la puce porteur de Y. pestis, la bactérie se dissémine et se multiplie dans le système lymphatique extracellulaire ; suite à une période d'incubation de 2 à 6 jours, on voit apparaître une forte fièvre, frissons, céphalée, nausées, douleurs généralisées, diarrhée ou constipation, et une altération profonde de l'état général avec l'apparition d'adénopathies (des tuméfactions des ganglions lymphatiques, ou des adénites appelées des bubons) qui deviennet douleureuses, oedématiées et parfois remaniés par des hémorragies d'où leur coloration bleutée), ces bubons se situent dans le territoire ganglionnaire drainant le site de la piqûre de la puce (souvent axillaire, inguinale ou cervicale).

        Dans 20 à 40% des cas, la nécrose ganglionnaire entraîne la suppuration des bubons et le malade guérit après un temps de convalescence assez long, mais dans les autres cas, on peut voir apparaître un syndrome intox-infecteiux grave et fatale.

      • 2 - La peste pulmonaire (pneumopeste) :
        • La bactérie Y. pestis peut atteindre, au cours de l'évolution de la peste bubonique, les tissus broncho-pulmonaires par le passage dans le sang et dans la petite circulation sanguine (pneumopeste secondaire). Une forme mortelle débutant comme par pneumopathie sévère et grave altération de l'état général puis la mort en quelques jours en cas d'absence de traitement.

        • La transmission aérienne direct inter-humaine est possible car la personne atteinte d'une pneumopeste, peut la transmettre par ses sécrétions broncho-pulmonaires aux personnes en contact avec lui (pneumopeste primaire).
          C'est cette forme de transmission qui permet de provoquer des grandes épidémies ravageuses chez les humaines car son évolution est foudroyante.

        • La prophylaxie en cas de pneumopeste consiste à l'isolement des malades.
          Les personnes en contact avec le malade doivent être mises en quarantaine pendant 6 jours (la durée d'incubation).

      • 3 - La peste septicémique :
        Cette forme se voit :
        • Soit suite à une peste bubonique évoluant vers une septicémie ; la défaillance multiviscérale et la mort surviennent rapidement.
        • Soit une peste d'emblée septicémique ; elle est également toujours mortelle.
        • Soit au cours de l'évolution de la pneumopeste.

    • Sensibilité aux antibiotiques :
      Comme toutes les Entérobactéries, Y. pestis n'est pas sensible à pénicilline G. Les tétracyclines (doxycycline), streptomycine, gentamicine, et le chloramphénicol sont actifs contre Y. pestis.
      Il a été isolées au Madagascar des souches de Y. pestis multirésistantes, résistance liée à un plasmide autotransférable.

  • Voir également :
 

Auteur Dr Aly ABBARA
29 Mai, 2016

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